Le tirage lumen (Lumen Print) est l’une des techniques d’impression sans appareil photo les plus simples, exploitant la puissance du soleil pour créer des images. Les premières traces de tirages lumen remontent au début du XIXe siècle, à la préhistoire de la photographie. William Henry Fox Talbot a expérimenté le procédé du tirage lumen en plaçant des feuillages (notamment des fougères) sur du papier sensibilisé, en les exposant au soleil. Il appelait les résultats de son expérience des “dessins photogéniques”.
Pour réaliser un lumen print, aucune chambre noire ni équipements spécialisés ne sont nécessaires. Il suffit de placer des matériaux organiques comme des feuilles ou des fleurs sur du papier photographique. Lorsqu’ils sont exposés à la lumière du soleil, ils laissent une empreinte. La profondeur de la forme laissée sur le papier dépend du temps d’exposition au soleil. Les zones du papier protégées de la lumière restent blanches, tandis que les zones environnantes s’assombrissent, la tonalité dépendant de la durée d’exposition.
De nombreux artistes et photographes utilisant cette technique travaillent en extérieur avec des matériaux organiques, notamment des plantes. Le phytogramme est donc une variante du lumen print, utilisant les composants phytochimiques de la plante, en conjonction avec les effets du soleil, il combine les concepts de photogramme et de chimigramme.
En Grande-Bretagne, cinq personnes ont joué un rôle vital dans le développement de la phytographie : Anna Atkins, qui a réalisé Photographs of British Algae1 (1843–53), le premier livre à être entièrement illustré de phytographies. Anne Dixon, qui, avec Atkins, coproduit Cyanotypes of British and Foreign Ferns (1853). William John Herschel, qui a travaillé pour injecter de la couleur dans le processus photographique en expérimentant avec des jus de plantes dès 1842. William Henry Fox Talbot, dont The Pencil of Nature (1844) était le premier livre commercial à inclure des illustrations photographiques. En tant que botanistes amateurs, tous visaient à produire des représentations précises et facilement reproductibles de plantes, ou à créer des herbiers (collections de spécimens préservés pour l’étude botanique).
Le phytogramme est une technique alternative réactualisée par l’artiste photographe Cameron Robbins dans les années 1990, puis popularisée par d’autres artistes et enseignants comme Anaïs Tondeur, Karel Doing, Katerina Držková, Hans-Ruedi Wahser.
Le procédé consiste à placer des éléments végétaux (feuilles, herbes, pétales) sur du papier argentique photosensible et à les soumettre à la lumière et/ou à des solutions chimiques pour en obtenir une empreinte. Cette technique exploite la chimie interne des plantes pour créer des images sur émulsion photographique. On utilise du papier photographique noir et blanc, des pellicules photographiques ou cinématographiques. Le développement au phytogamme utilise comme développateur le phénol contenu dans les plantes.
Une réaction chimique d’oxydo-réduction s’opère entre le papier qui contient des halogénures d’argent (souvent du bromure d’argent, AgBr) et le révélateur composé : d’un anti-voile, d’un accélérant, d’un conservateur, d’un développateur. La plante révèle ainsi sa propre empreinte photographique.